Démonstration type d’une analyse en bio-mécanique crânienne

Cette démonstration fait partie intégrante de toutes celles qui sont consacrées à chacune des pièces osseuses qui composent le massif crânio-facial et qui se trouvent intégralement contenues dans l’ouvrage « Interactions physiologiques en biomécanique crânienne ». Les os propres du nez ont été volontairement choisis ici comme exemple, ceci en raison de la relative simplicité qui s’applique à leur cinétique naturelle.

A noter que ce texte ne pourra être pleinement compris qu’après lecture des bases qui le précédent et sont contenues dans l’ouvrage correspondant

Le tout premier intérêt de la présence et de l’individualité des os propres du nez réside dans la protection de la partie haute des fosses nasales et par conséquent, celle de la fragile lame criblée et aussi de tout ce qui se situe au dessus et en arrière d’elle, entre autres les nerfs olfactifs.

De la même manière, ces pièces osseuses représentent un élément d’amortissement des chocs potentiels qui peuvent ensuite se focaliser et s’absorber sur la branche montante du maxillaire qui protège elle-même l’unguis et l’os planum situés plus en arrière.

Outre cet aspect, ils jouent un rôle important dans la canalisation de l’entrée du flux aérien en direction des fosses nasales. Tout comme les cornets, sur lesquels nous reviendrons, ils participent donc à la dynamique générale de ces dernières.

On peut immédiatement noter que leur mouvement se révélé de relative grande amplitude dans les trois plans de l’espace, ceci en raison du fait qu’il représente l’aboutissement des distorsions maxillo-ethmoïdales antérieures, sur lesquelles nous nous sommes penchés précédemment.

MOUVEMENT DE ROTATION POSTÉRIEURE

Les os propres, par l’intermédiaire d’une suture dentée, s’implantent sur les bords de l’échancrure nasale du frontal. Lors de la rotation postérieure de ce dernier, ils se trouvent en conséquence tractés spatialement dans le même sens, c’est à dire vers l’arrière et relativement vers le haut. Ils présentent donc une tendance naturelle à s’horizontaliser.

Cette cinétique de base se trouve confirmée et aussi amplifiée, sous l’influence de deux facteurs:

  • Primo : l’action de la lame perpendiculaire de l’ethmoïde qui, par l’intermédiaire de son segment antéro-supérieur, vient pousser sur l’angle dièdre des os propres dans lequel elle s’encastre. On sait à ce sujet que l’amplitude de rotation postérieure de l’ethmoïde se révèle légèrement supérieure à celle du frontal. Il s’ensuit une légère majoration de contact aU niveau inférieur des os propres, qui s’horizontalisent d’avantage et viennent ainsi s’encastrer au niveau du V correspondant.
  • Secundo : l’action de la branche montante du maxillaire qui entraîne le bord postérieur des os propres toujours dans le même sens, selon une amplitude couplée par rapport à celle induite par l’ethmoïde. L’ensemble de ces poussées est à la fois complété, absorbé et limité par la mise en tension élastique du cartilage de la cloison. Ce dernier autorise la maintenance de la cohésion de l’ensemble et en retour, restitue l’énergie de tension emmagasinée pour contribuer à ramener les os à leur position de départ.
Cinétique de base des os propres sous l’influence du frontal. (Vue interne)

Cinétique de base des os propres sous l’influence du frontal. (Vue interne)

Modifier l’image

Sous l’influence de l’ethmoïde et du maxillaire Les os propres perdent légèrement le contact avec la partie haute de la lame perpendiculaire et le majorent à la partie basse. Ils s’horizontalisent d’avantage. Par son élasticité, le cartilage de la cloison joue un rôle de rappel.

Ce mécanisme d’horizontalisation maximum, présente deux intérêts d’ordre différent :

  • D’une part, l’accentuation de l’encastrement, qui exerce une pression sur la partie haute de la lame perpendiculaire et par répercussion, sur la partie antérieure de la lame horizontale de l’ethmoïde, représente un facteur informatif intéressant pour les propriocepteurs inclus dans la dure mère. Celle-ci s’engage en effet dans la fente ethmoïdale et se prolonge également au niveau de chacun des orifices de la lame criblée.
  • D’autre part, la position finale des os propres canalise très précisément le flux aérien dans l’axe des fosses nasales. Conjointement, la majoration du diamètre vertical de leur entrée dirige de manière très élective une partie de l’air vers le cornet supérieur et la tâche jaune, afin d’optimiser l’information olfactive. Ce mécanisme se trouve encore favorisé grâce à la concavité de la face postérieure des os propres.
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Vue interne des amplitudes différentielles entre frontal, ethmoïde et maxillaire. les os propres s’horizontalisent et s’encastrent d’avantage dans le frontal.

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L’horizontalisation des os propres dirige électivement le flux aérien vers le cornet supérieur et la tâche jaune.

MOUVEMENT DE PRONATION

Lors de la pronation du frontal, que nous savons d’un degré inférieur à celle du maxillaire, les os propres se mobilisent selon une amplitude intermédiaire entre les deux. Dans ce cadre, ils jouent un rôle adaptatif, analogue à celui que nous évoquerons pour l’unguis. Ils s’écartent en conséquence l’un de l’autre dans le plan frontal et ceci d’autant plus que l’on considère leur extrémité inférieure. Leurs faces internes planes présentent donc à la fois une tendance à s’horizontaliser suite à la rotation postérieure, mais aussi à se séparer transversalement. Ce mouvement est moins marqué à leur partie haute, qui conserve une coaptation physiologique relative et nous allons voir que cette séparation se révèle nécessaire à l’expression du paramètre suivant.

Toutefois, l’intérêt premier de ce mécanisme reste d’aboutir à un élargissement transversal de l’orifice piriforme, surtout à sa base, avec répercussion sur les cartilages latéraux. Ceux-ci peuvent, en conséquence, se mobiliser selon une amplitude très notable en fonction de la longueur du bras de levier ainsi créé. Le but final reste bien-sur une entrée maximum du flux aérien.

MOUVEMENT DE ROTATION INTERNE

Là encore, lors des rotations internes du frontal et du maxillaire, les os propres s’inscrivent comme élément intermédiaire, zone de jonctions qui harmonise les trois mouvements. Ils reculent au centre et s’avancent relativement en périphérie, car situés dans le quadrant antéro-interne relatif à la zone verticale du virage crânien. On comprend facilement que ce mouvement entraînerait une coaptation auto-limitatrice par inter-contact des faces internes planes, s’il n’existait simultanément la séparation que nous venons d’évoquer au sujet de la pronation.

En tous cas, cette dynamique les amène à se frontaliser et à compléter l’élargissement physiologique du diamètre des fosses nasales, toujours avec répercussion sur les cartilages latéraux et majoration de l’entrée du flux aérien.

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La pronation des os propres, comme leur rotation interne, retentissent sur l’ouverture de l’orifice piriforme et l’expansion des cartilages latéraux. Il s’agit là d’un phénomène complémentaire à celui observé au niveau du maxillaire.

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