Comprendre la loi d’adaptation myo-ligamentaire

Parmi les nombreuses données inédites qui se trouvent incluses au sein de l’ouvrage « Principes biomécaniques et actions réflexes en thérapie manuelle » la connaissance de la loi d’adaptation myo-ligamentaire, que j’enseigne depuis plus de vingt ans, se révèle fondamentale. Il s’agit en effet d’un principe réflexe méconnu d’ordre neuro-biomécanique qui ouvre la porte à la compréhension du maintien de l’équilibre physiologique, à celle de l’installation des déséquilibres progressifs et aussi aux modalités correctrices qui s’appliquent à ces derniers.

Loi d’adaptation myo-ligamentaire 

                   Il y a déjà de très nombreuses années, l’observation d’une correspondance anatomique systématique sur le plan topographique ainsi que l’application pratique de cette constatation en thérapie manuelle, m’ont amené à énoncer une loi particulièrement importante concernant l’une des boucles réflexes supra-segmentaire. Je l’ai dénommée «loi d’adaptation», ou encore «loi d’information myo-ligamentaire ».

On constate en effet tout à fait aisément que tout muscle ou tout groupe de muscles se trouve anatomiquement couplé avec un ou plusieurs ligaments qui lui sont placés le plus souvent en parallèle. Cet arrangement spatial se double bien entendu d’une correspondance physiologique, en ce sens que tout étirement ligamentaire qui dépasse un seuil d’ailleurs assez bas, informe les muscles couplés de moduler leur tonus et leur degré de contraction le plus souvent dans le sens de l’activation, sauf bien-sûr s’il s’agit de réaliser un mouvement rapide et de grande amplitude. Cette boucle réflexe est absolument fondamentale car prioritaire sur les données issues des fascias en cas de risque d’installation d’un déséquilibre.

Diagramme illustrant la boucle réflexe issue de la loi d’adaptation myo-ligamentaire. Le segment osseux se déplace sur la droite et étire les ligaments correspondants (L). L’information est transmise aux centres supra-segmentaires activateurs qui modifient simplement le tonus s’il s’agit d’un processus postural mais aussi l’influx alpha s’il s’agit d’inverser le mouvement


Application de la loi d’information myo-ligamentaire. Suite à une antexion du rachis cervical d’amplitude trop importante, le grand ligament cervical postérieur informe les muscles para-vertébraux de se contracter

Un exemple concret            

A ce sujet, reprenons l’exemple d’un footballeur qui frappe dans un ballon et dont l’articulation du genou se positionne en final dans une situation d’hyper-extension associée à la rotation externe tibiale qui l’accompagne physiologiquement. Supposons que ce même mouvement s’inscrive dans un contexte para-physiologique qui place l’ensemble des structures myo-conjonctives locales en étirement très marqué, avec mention toute particulière pour le ligament latéral médial sollicité à la fois par les deux composantes du mouvement articulaire. C’est cette structure ligamentaire qui, couplée avec les muscles de la patte d’oie, informera en tout premier lieu ces mêmes muscles de la nécessité d’inverser le schéma moteur en cours par directive supra-segmentaire. La réponse correspondante s’effectuera ainsi tout naturellement dans le sens de la flexion-rotation interne.


Ce schéma montre clairement la symbiose, tant topographique que physiologique, qui s’établit entre le ligament latéral médial du genou et la réponse motrice potentielle des muscles de la patte d’oie

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